Fév 27 2018

Se déposer dans les bras du Vivant (et du Divan…)

Pour introduire ce beau sujet, je laisse la parole à Isabelle Padovani qui a écrit ce  très beau texte pour la nouvelle année:

Se déposer dans les bras du Vivant par Isabelle Padovani

Cette invitation à la détente résonne en moi particulièrement aujourd’hui. Depuis deux jours, je n’ai pas mis un orteil dehors. C’est vrai qu’il fait froid, mais ça n’est pas que cela. J’ai passé quasiment toute la journée  sur mon canapé à écouter ou à supporter la radio (pas même la force de me lever pour l’éteindre quand elle dérangeait ma torpeur …). Est-ce un mouvement de contraction que j’évoquais dans l’article précédent ? Mon mental ne sait pas, il est toujours plus facile de théoriser sur ce phénomène en toute quiétude que de le vivre sans être soudain atteint d’amnésie et d’inquiétude. Heureusement que je me suis relue pour faire quelques retouches de texte et soudain d’entrevoir cette éventualité. Cette lame de fond qui m’emporte dans la non-envie comme pour m’inviter à lâcher prise, lâcher l’idée qu’il en soit autrement, lâcher l’idée qu’il y a quelque chose à faire, que le temps passe et qu’il faut l’honorer en l’occupant par une activité « attrayante » ou « utile ».

Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? Ben, je suis restée toute la journée affalée sur mon canapé tout déglingué à ne rien faire… Oui franchement ce n’est pas très sexy, et puis une fois que c’est dit, que dire de plus… Et puis une petite voix inquiète en moi me souffle que ce n’est pas comme ça que je vais guérir, qu’il faut que je me bouge les fesses… Une autre petite voix irritée me souffle alors en grinçant des dents « elle commence à nous fatiguer celle-ci avec ses « il faut » ». Une autre petite voix moqueuse surenchère avec insolence en ajoutant que le tableau que j’offre n’a pas vraiment l’air d’être vivant, qu’on dirait plutôt une nature morte, tout au mieux une sorte de poireau défraichi en chemise de nuit … Et moi je suis là, affalée sur mon canapé, assistant sans réaction à ce bavardage interne sans fin et discordant. Même ça, je m’en fiche. De toute façon mon corps est lourd et ne semble pas vouloir bouger, je m’abandonne… enfin presque. Je vois bien que je suis loin de me déposer dans les bras du Vivant tel qu’en témoigne Isabelle Padovani. Mais du moins, je ne me suis pas vautrée dans la culpabilité ni le jugement, c’est déjà appréciable. Je suis en observation de ce mouvement en me demandant où il va bien m’emmener, et c’est vrai que cela détend…