Oct 21 2015

Pause-voyage

Et si on faisait une pause? Ca vous dirait de faire une pause au soleil quelques instants, sans sortir de chez vous ou de votre lieu de travail, mais réellement pourtant? Ca fait des jours que je suis obsédée à l’idée de pouvoir m’évader de chez moi et de partir sur l’île d’Ikaria (entre autre, mais non des moindres), et je me triture les méninges dans tous les sens pour trouver une issue à ce besoin d’évasion. Comment surmonter les difficultés financières, matérielles, comment trouver les ressources physiques pour aller là-bas? J’en ai à la fois l’envie, mais pas la force, ni le courage pour faire face à toutes les difficultés qui semblent se mettre en travers de ma route. J’ai à peine l’énergie pour prendre une douche, comment trouver l’énergie pour aller sur cette île grecque, et lointaine avec ça, plus près de la côte turque que de la côte grecque. Et suis-je capable de renoncer à tout ce qui me sécurise ici chez moi, même si je sais que tout cela est bien illusoire: mon eau « ultra propre », distillée, « vortexée », « quintonisée », mes jus verts obtenus avec l’extracteur de jus, et j’en passe… Et tous ces rituels que j’ai inconsciemment mais bel et bien mis en place, et auquels je devrais renoncer en cette terre inconnue et lointaine. Et c’est sans doute cela qui me ferait le plus de bien, mais en aurais-je l’audace? D’autant qu’à chaque fois que j’ai eu l’audace d’ouvrir ma coquille, je me suis prise un retour de bâton costaud et suis revenue physiquement dans un pitre état….

Alors hier (pardonnez-moi, nous ne sommes toujours pas partis en pause-voyage), à la suite d’un échange avec une âme complice et en rentrant le soir à la maison, ça a bien décanté dans ma tête pleine à craquer de pensées, questions, ruminations…

Et si j’acceptais une bonne fois pour toute de différer tous ces voyages et projets qui accaparent mon esprit sans que je puisse rien y faire, si j’acceptais une bonne fois pour toute, de les mettre de côté, histoire de ne pas gaspiller mon énergie en vain. Et si j’acceptais l’idée de ne pas les concrêtiser dans les mois prochains, mais que je jouais avec l’idée de les vivre autrement, mais maintenant, sans reporter au lendemain. Après tout n’est-ce pas une chimère que de passer des heures sur le net à chercher billets d’avion, pensions et autres détails, avec l’espoir de crapahuter dans les criques, alors que je n’arrive même pas à aller me promener au parc floral situé à 15 minutes de chez moi à pied … Alors pourquoi ne pas retourner volontairement et consciemment la situation et partir 15 minutes à Ikaria sans décoller les fesses de chez moi, simplement en me pausant et en acceptant de voyager en esprit dans les ruelles escarpées d’Ikaria et dans ses criques vraiment turquoises. Juste par choix, par jeu, par ouverture à l’imagination. Juste se poser et rêver, sans attachement, sans exigence, avec légèreté, comme un enfant qui joue avec trois bouts de ficelles et se créé son univers, délaissant les jouets les plus sophistiqués qui regorgent dans sa chambre. Au fond, ce n’est pas tant la belle Ikaria qu’il m’importe de goûter, c’est toute ma capacité à me poser, à me détendre et à me laisser inspirer par mon âme (d’enfant?) qu’il m’importe de retrouver …

Oui, OK j’entends cette petite voix en moi qui me dit que quand même, le soleil d’Ikaria serait bien plus agréable sur ma peau que le soleil de mon imaginaire… Oui j’entends, et je ne renonce pas au vrai soleil d’Ikaria, mais pour reproduire les cellules à l’identique dans le moment présent, il faut vivre le moment présent! Et le soleil de mon imaginaire au moment présent sera sans doute bien plus chaleureux que mes ruminations permanentes qui me projettent toujours dans un futur chimérique et fuyant qui n’a rien de chatoyant.

Alors, enfin, voilà cette pause annoncée! Si ça vous dit, posez le téléphone, la souris, le stylo. Installez-vous confortablement sur votre chaise, prenez quelques temps pour penser à un endroit où vous aimeriez être, peut-être une personne avec qui vous aimeriez être à cet instant, ou encore à une chose que vous aimeriez faire. Alors, fermez les yeux, et décidez que vous le vivez, là, maintenant, à cet instant.

Ouah, ça dépote! Merci à vous, car sans votre complicité, je ne sais pas si j’aurais fait cette première expérience!
Et bien, je vais vous faire une confidence: c’est bien mieux que ce que j’imaginais quand je projetais des pensées frustrées dans le futur tout en pensant que je n’y arriverais pas. Tellement plus riche en couleurs, si réel, festif, non limitatif, zéro frustration (puisque c’est un jeu, tout est permis, tout est possible), zéro pression…

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je vais recommencer! Ca en fait des promesses de voyages!
Merci Christophe pour m’avoir soufflé d’une certaine manière cette idée!

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