« On peut si on veut » ou « On veut si on peut »?

 

« Quand on veut, on peut? » Qui n’a pas ressenti de culpabilité parce qu’il n’arrivait pas à faire ceci ou cela? Est-ce qu’il suffit de vouloir pour pouvoir, comme le dit souvent une instance en nous (relayée ensuite par les autres en miroir) qui nous pousse à toujours plus! Oui mais voilà où nous en sommes rendu à force de multiplier les activités, de se fixer des objectifs, d’inventer des critères de performance, de n’avoir d’yeux que pour les wonder men and women de la planète: une société en état d’épuisement. Cette obligation de résultat derrière cette petite pensée culpabilisante nous maintient dans l’impossibilité de se reposer en toute quiétude et bonne conscience quand on en a pourtant le plus besoin.
Alors ne serait-ce pas plutôt « Quand on peut, on veut? » En tout cas, je constate aujourd’hui que la question peut se poser ainsi. Pendant des mois j’ai agi à coup de peur et de culpabilité, et de « je dois ». « Je dois » faire des exercices pour faire bouger mon corps, stimuler mon système lymphatique et donc, guérir, rien que ça! Oui mais voilà, je suis fatiguée, je n’ai pas envie de me bouger. Ma tête dit « tu devrais », « tu es paresseuse », « tu es complaisante », « tu ne veux pas guérir », ajoutant à ma fatigue, une tension nerveuse et culpabilisante supplémentaire. Et puis un jour, à force de ne « rien faire », je ressens cet épuisement monter du plus profond de mon être et la grande lassitude de devoir y échapper en « faisant » ou en « me disant de faire ». Je m’accorde enfin ce temps de repos que mon corps et mes nerfs réclament sans objecter la moindre culpabilité (se « reposer » avec de la culpabilité n’est pas du vrai repos). Et là, quelque chose change enfin! La vitalité fait timidement et par moments son apparition, et l’envie de bouger avec. Est-ce parce que ma vitalité le permet que j’ai envie de bouger? Est-ce que je veux parce que je peux enfin?
Cette question ne serait pas si importante à mes yeux si je n’avais tant été polluée par la pensée exactement opposée et souvent peu bienveillante pour celui qui n’arrive pas à l’appliquer dans sa vie: « si tu veux alors tu peux »
 
Aujourd’hui, je ne suis pas loin de penser que les deux peuvent marcher, quel que soit le sens que l’on choisit de prendre, pour la simple et bonne raison que que les deux vont ensemble. J’ai l’intuition que c’est quand on est parvenu à l’homéostasie de notre vouloir-pouvoir que les choses se font naturellement et avec fluidité et joie. Bien souvent on n’est ni à l’écoute ni à la recherche de cet état, on force un peu les choses avant l’heure et on se retrouve alors forcément dans l’une ou l’autre des propositions. C’est notre tempérament ou bien notre propension à nous juger qui nous fait « choisir un camp » plutôt qu’un autre. Au fond, cela n’est pas important du moment que l’on n’en souffre pas.

S’accorder la guérisonc’est aussi sortir du jugement de l’état dans lequel on est « malade » et ce que l’on devrait faire pour en sortirSe reposer, que ce soit physiquement ou mentalement, est une source d’auto-guérison essentielle. Reposer notre esprit du fardeau de la culpabilité de tout ce que l’on devrait faire pour guérir et que l’on n’arrive pas à faire est un élément essentiel pour accueillir le repos, parvenir à se reposer sans se « retenir ».

Sur ce, je vais aller me reposer, même si je n’ai pas terminé d’écrire tout ce que « j’avais » à écrire sur le blog, car mon corps me le réclame, et après tout ce que je viens de dire, je ne vais pas mettre les pieds dans le plat, pour une fois! …

Laisser un commentaire