Jan 08 2018

Mon beau sapin …

… il est loin le temps où tu étais le roi des forêts… Tu es plutôt devenu l’esclave des villes, le temps d’illuminer les yeux des enfants pour quelques jours seulement. Pourtant, il aurait suffit de quelques unes de tes branches, des pommes de pin ramassées en famille dans la forêt pour le plus grand plaisir des petits, d’une belle crèche chaque année devenue délicieusement plus familière, et de quelques guirlandes, même un peu dégarnies, pour laisser opérer la magie de Noël dans le cœur  et le regard des enfants.

Mais les adultes en ont décidé autrement. Ils ont préféré qu’on te cultive dans des plantations en rang d’oignon, qu’on te coupe tes racines, qu’on te déguise et t’alourdisse sous une horde de décorations de pacotille, puis qu’on t’abandonne sur le trottoir, sans même peut-être, un regard, un signe de gratitude pour la joie que tu as suscité chez les enfants…

Je n’aime pas pointer du doigt les petits détails qui peuvent fâcher et qui ne plairont sans doute pas à celles et ceux qui ont fait ce choix. Tant pis, j’assume, on n’est pas obligé d’être d’accord sur tout, n’est-ce pas? :o). Je ne suis pas non plus un modèle de respect écologique, tant pis, j’apprends… Mais j’éprouve tout simplement de la peine en ce début d’année à voir tous ces sapins sacrifiés sur le trottoir et j’ai envie d’exprimer cette peine, c’est ma façon à moi d’honorer tous ces sapins… Comment rester indifférente à tous ces cadavres qui sont là comme pour nous rappeler à quel point nous avons oublié de préserver la vie, de l’honorer, à quel point nous croyons que notre bonheur est à l’extérieur de nous, dans des décors de pacotille, à quel point ces croyances erronées ont un impact écologique sur le monde dans lequel nous vivons. Car enfin, ce n’est pas parce qu’un sapin est un élément naturel qu’il est facilement recyclable. Un sapin plein de résine, ce n’est pas comme une bûche que l’on met dans la cheminée, et quand bien même…

Et puis il y a tellement de manière d’éveiller l’enchantement d’un enfant, tellement de manières de célébrer Noël.

N’est-il pas temps en 2018 de porter un regard neuf sur le monde en devenir, celui-là même que nous allons laisser à ces chers bambins devenus grands?…

Le souvenir d’un Noël auprès d’un sapin pourra-t-il adoucir le présent d’un monde devenu poubelle?

J’en doute et, en tout cas, je nous souhaite pour 2018 une ouverture des consciences et des cœurs, pour un monde plus écologique et plus fraternel avec la nature comme avec les hommes. L’écologie n’est pas une chose utopique ou niaise, elle est l’autre versant de la fraternité entre les hommes, l’écologie n’existe pas sans la fraternité et vice-versa. La nature est juste nécessaire et vitale. Nous ne saurions exister sans cette nature qui pourvoit à nos besoins et qui nous fait rêver. Il est temps de la respecter et de lui rendre grâce, et il n’y a pas de petits gestes inutiles qui n’aillent dans ce sens. C’est parfois si simple …