Mar 15 2018

Mon amie Quang est partie

Mardi 13 mars, c’est le choc: mon amie Quang nous a quitté à 9h45.

Belle âme, délicate comme une plume, le sourire éternel, ce souffle de vie qu’elle savait capter dans les moindres recoins, tant sa propre vie devenait précaire, tel un frêle papillon aux ailes dorés qui profite de chaque mouvement d’air pour goûter à la danse de la vie à chaque instant.
Ce petit Bodhisattva nous a quitté pour souffler un peu de toutes les souffrances physiques qui l’ont assailli bien des fois et beaucoup ces dernières semaines, et goûter le repos éternel déjà entrevu dans cette vie si mouvementée.
Un cancer du sein soigné par chimiothérapies successives. Une longue période de rémission, des rechutes, des chimios, des rechutes, un cancer qui n’en finit pas, sur une, peut-être deux décennies, et qui se généralise, les os, le ciment sur les os, puis la pleurésie aux poumons, le foie qui est touché, l’hospitalisation prolongée, les aliments qui ne passent plus, le décharnement, la fatigue, et enfin, un talcage des poumons qui n’a pas bien « marché »…

Une histoire qui résonne amer à mon cœur déjà touché par les départs de ma très chère amie Nathalie dans des circonstances quasi identiques et de mon cher Papa (cancer de la prostate généralisé). Une blessure qui m’en rappelle aussi d’autres, depuis que je côtoie cette drôle de compagne de près…

Impossible d’être en colère contre le corps médical ou de me révolter face à l’apparente injustice de la vie. En d’autres temps, il n’en aurait pas été de même. Tentée de penser « et si… et si… », mais ce ne sont que bavardages qui me traversent, car je sais maintenant que c’est le mouvement de la vie lui-même qui décide et que c’est bien ainsi. Juste triste, pour moi, sa famille, ses amis qui l’aiment tant et qui vont ressentir un grand vide. Tentée aussi d’être triste pour toute cette souffrance physique, toujours en apparence inutile. Mais à quoi bon, je ne sais rien du sens caché de ce qui est vécu, et puis c’est fini, c’est déjà du passé, pourquoi retourner le couteau dans une plaie qui n’existe plus que dans un souvenir que mon mental tente déjà de reconstruire.

Quang est partie sereine, petit Bodhisattva de taille, grande âme qui nous enseigne. C’est ce souvenir de toi que j’inscris au fond de mon cœur. Toi, à l’ombre d’un arbre dans un petit parc de la butte aux Cailles, savourant une sieste le cœur léger après le pique-nique, à écouter les oiseaux et à regarder les feuilles frémir dans la légère brise de l’été, à l’écoute de chaque respiration de la vie, à chaque instant, tel un enfant qui découvre le monde, émerveillée par la caresse de la vie qui se dévoile à toi par tous tes sens en éveil …