Mai 08 2016

« Manger ses liquides et boire ses aliments solides »

Je découvre cette approche nutritionnelle dont la citation serait attribuée à Gandhi. Il semblerait qu’Hippocrate est aussi passé par là (à vérifier toutefois). J’expérimente depuis quatre semaine « manger ses liquides » sous la forme d’un jeûne liquide qui semble toucher à sa fin (l’apparition de la faim est l’un des signes que je me suis fixée pour arrêter). Moi qui accorde tant d’importance à la nourriture, je suis étonnée d’avoir suivi avec tant de facilité cette approche sans craquer, ni même être obsédée à l’idée de croquer dans quelque douceur. Si la faim est de nouveau là depuis quelques jours, c’est, semble-il, pour m’avertir que le corps est arrivé à ses limites (ses réserves) et qu’il aimerait bien être nourri davantage, mais il m’a laissé une paix royale pendant les trois premières semaines, se contentant gracieusement des jus de (très peu de) fruits et (essentiellement de) légumes que je lui donnais. Résultat des courses, si je suis un peu affaiblie cette quatrième semaine et surtout très amaigrie, j’ai aussi pu constater certaines améliorations: une lymphe moins congestionnée, un kyste disparu, une acidité dans les jambes disparue, des sueurs nocturnes disparues, des douleurs au ventre (que j’attribue aux cellules cancéreuses) disparues, la confiance que la guérison est en route, une volonté plus affermie, un calme retrouvé et l’envie de revenir à une alimentation vivante, mais cette fois, plus apaisée et moins compulsive. J’ai pris la précaution d’effectuer des analyses de sang avant et après les trois premières semaines de jeûne, histoire d’avoir quelques données scientifiques et tangibles (pour communiquer par exemple avec mon entourage médical qui ne jure que par ces paramètres) mais je ne peux pas en parler car je ne les ai pas encore regardé… J’ai décidé de me faire confiance, d’écouter mon pilote intérieur et de ne pas me laisser parasiter par des données souvent anxiogènes, qui sont plus lentes à décrire une réalité déjà subtile, en marche sur le plan de l’incarnation, et  que l’être peut percevoir s’il est à l’écoute.

Manger ses liquides, concrètement, signifie mastiquer ses liquides (et donc les garder en bouche un certain temps, c’est le plus difficile), comme s’ils étaient des aliments solides. Idéalement, les mastiquer jusqu’à ce que toutes les saveurs qu’ils regorgent soient captées par les organes sensoriels (qui s’en nourrissent), jusqu’à ce que le liquide ingéré n’ait quasiment plus que le goût de l’eau pure. Dans la pratique, compter une trentaine de mastication par gorgée minimum, voire une cinquantaine, et ce sera déjà excellent!

Boire ses aliments solides, concrètement signifie mastiquer ses solides jusqu’à ce qu’ils prennent la texture liquide. Au passage, les organes sensoriels auront également capté et extrait toutes les saveurs enfermées dans les aliments, et qui se laissent dévoiler à force de persévérance, grâce à une mastication soutenue. Dans la pratique, compter une cinquantaine de mastications par bouchée.

Tout ça, me direz-vous, ça n’est pas faisable, ça prend trop de temps et c’est antisocial. Oui c’est vrai que ça prend du temps, mais c’est rien comparé au temps que devra mettre votre système digestif pour venir à bout (et de façon partielle) de votre repas sans votre aide consciente et ça invite au silence (tout bavardage rompant à coup sûr toutes vos tentatives pour garder le liquide en bouche et lui accorder l’attention requise pour parvenir à une trentaine de mastications par gorgée/bouchée). Bref, pour les gens pressés et qui veulent avant tout privilégier le côté social du repas, oui, ça risque d’être mission impossible! Mais rien ne vous empêche d’expérimenter cette pratique quand vous êtes seul, ou de vous mettre en retrait, le temps d’une gorgée/bouchée, pour faire cette expérience et surtout ce cadeau à votre corps.

Mais de quel cadeau il peut s’agir? D’abord, prendre le temps, cesser de courir, se poser, ouvrir une fenêtre dans l’espace paisible du silence et des sensations, donner au système nerveux central (le vôtre, en l’occurrence!), ce chef suprême qui pilote tout votre corps physiologique, le temps d’analyser ce que vous ingérez, afin qu’il mette en action les enzymes et autres substances nécessaires, pour assimiler au mieux les nutriments que vous lui apportez. C’est lui aussi qui vous dira quand le corps sera repu, ce qui n’arrive jamais ou si rarement, n’est-ce pas? Bien souvent, on mange jusqu’à ce que l’assiette ou le plat soit vide, et bien souvent, on constate qu’on a le ventre trop plein quand il est déjà trop tard. En prenant le temps de mastiquer (les liquides comme les solides), vous vous donnez l’occasion d’arrêter de manger, sans frustration, parce que vous avez goûté au sentiment de satiété, et non parce que l’assiette est vide. Vous permettez à votre système digestif qui reçoit une alimentation prédigérée en bouche et alcalinisée par les enzymes salivaires, a travaillé plus en douceur et sans utiliser à outrance des sucs gastriques qui attaquent, à force, votre paroi stomacale (pour commencer…) et obligent votre foie, votre vésicule biliaire et votre pancréas à travailler toujours plus (pour produire plus de substances digestives). Votre digestion en est améliorée, ce qui est déjà bien appréciable (pour les jeunes, vous verrez en vieillissant, la digestion n’est plus souvent aussi aisée au fur et à mesure). Mais surtout, votre assimilation des nutriments va être plus performante et vous aurez moins d’acidité dans le corps. Pour les personnes en excès de poids, vous allez sans doute, avec le temps et la pratique, sans même le rechercher, réduire les portions de votre alimentation, car vous ne ressentirez plus le besoin de vous remplir comme avant. Vous serez plus détendu, plus calme et posé. Vous apprécierez plus en conscience votre repas, ses textures, ses saveurs, ses couleurs, et peut-être que vous ressentirez plus de gratitude pour cette nourriture qui retrouvera sa véritable fonction: celle de vous nourrir, sur tous les plans (physique, physiologique, émotionnel, spirituel), et non, celle de vous remplir (plan physique seulement). Peut-être alors, aurez-vous aussi envie de vous nourrir autrement? Avez-vous déjà mastiquer cinquante fois la même bouchée de barre de cacahuètes enrobée de chocolat au lait (par exemple)? Essayez, vous risquez d’être surpris et de découvrir que le goût n’est pas aussi sympathique que quand vous l’avalez après trois mastications seulement. Peut-être même allez-vous trouver cette barre écoeurante!? Mais chut, expérimentez. De même, expérimentez la mastication longue d’une simple carotte crûe. Personnellement, je capte des saveurs adorables de noisette quand je prends le temps d’explorer ses saveurs, et donc quand je la mastique.

Manger ses liquides et boire ses aliments solides, et si c’était tout simplement la base, le socle d’une bonne alimentation et d’une bonne santé? Et si, avant tout complément alimentaire (pour la digestion par exemple, ou contre l’acidité et les reflux gastriques), médicament, soin thérapeutique, et j’en passe, c’était le geste de tout premier plan (après la respiration), pour guérir n’importe quelle pathologie? Je ne dis pas que ça suffit, je dis juste, et si vous avez tout tenté  comme moi, acheté les meilleurs produits, la meilleure alimentation, mais que vous continuez à vous alimentez au lance pierre, ne serait-il pas temps de tout remettre en question, de tout remettre à plat, d’admettre avec douceur et bienveillance que vous ne savez pas nourrir votre corps (sur tous les plans) correctement, et d’accepter de revenir au commencement, comme un enfant qui apprend à marcher, et de réapprendre, enfin, à manger, à mastiquer, à vous nourrir et vous faire du bien….

Toute ma gratitude va au vénérable moine bouddhiste vietnamien, Thích Tâm Thành, qui m’a aidée à comprendre (notamment) l’importance de la mastication, et à l’inverse, les effets désastreux de la non mastication sur ma santé, et qui m’a convaincue de changer radicalement ma façon de me nourrir, en toute simplicité.

 

N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires. Plus nous serons nombreux à encourager la mastication et à en découvrir ses bienfaits, et plus nous pourrons inspirer d’autres personnes à se retrousser les manches (ou plutôt les maxillaires)!

Laisser un commentaire