La vie nous veut du bien, il n’y a pas faute

Pas faute, ni punition, ni malchance, d’ailleurs, à « tomber malade ».

On ne « tombe » pas malade … Un cancer ne se « fait » pas en un jour, on met des années (8 ans est le chiffre le plus couramment avancé par les spécialistes) à le fabriquer avant qu’il ne soit décelable par les méthodes actuelles.

Alors pourquoi « ça tombe » sur moi? A qui la faute?

On n’a pas toujours de suite les réponses à toutes ces questions qui nous taraudent quand « ça nous arrive ».
Avoir des réponses, ça peut certainement aider à guérir, ça permet de changer son fusil d’épaule, comme on dit. Mais remarquez qu’on porte alors toujours un fusil…
Avoir des certitudes sur les causes de la maladie peut aussi nous égarer: avons-nous vraiment compris le pourquoi de la maladie, ne sommes-nous pas malade justement parce que quelque chose de l’ordre de la compréhension nous a franchement échappé?
Mais il y a plus sournois encore derrière nos piétinements, derrière nos questionnements, nos égarements et nos certitudes. La croyance qu’il y a faute de notre part agit souvent en souterrain en nous et peut pour longtemps, nous maintenir, sans même nous en rendre compte, dans l’idée de devoir « purger notre peine » que nous méritons « certainement ». Comment alors, avec cette croyance (conscientisée ou pas), peut-on s’autoriser à guérir? Sur quoi s’appuyer de solide, si notre sous-basement est rongé par notre culpabilité?

Croire qu’on a compris ou bien culpabiliser, dans les deux cas, n’est-on pas en monologue exclusif avec soi-même? Envisager que la vie nous veut du bien à travers l’épreuve de la maladie, c’est renouer le dialogue avec la vie en acceptant ses messages et ses enseignements, ainsi que son invitation au changement. C’est la vie qui va agir en nous et nous distiller la compréhension requise à notre guérison. Tout ce qu’on aura pu imaginer et « croire savoir » ou « croire comprendre » sera bien fade à côté de la réalité que nous propose la vie au travers de nos expériences à dialogue ouvert.

Alors, exit la faute et le drame, ouvrons grands nos yeux, nos oreilles et tous les capteurs dont nous disposons pour entendre les messages qui nous sont adressés avec bienveillance par la vie et l’un de ses messagers de choix: la « Mal-à-dit ». Soyons comme des détectives qui avons établi un contact avec un « indicateur » fiable et jouons à résoudre l’énigme que la vie nous propose, en veillant à garder le dialogue ouvert pour pouvoir accueillir, au fil de l’en-quête, toutes les pièces du puzzle. La guérison achevée ne serait-elle pas ce magnifique et unique tableau, une fois terminé, composé de toutes les pièces du puzzle que nous aurons réuni? La maladie ne serait-elle pas, alors, une pièce de choix du puzzle qui permet de commencer à jouer à « créer le tableau »? J’aime d’ailleurs, l’idée (empruntée aux frères Pain) de voir la maladie comme une forme inachevée de guérison…

Oui, je sais, quand on est au fond de son lit sans énergie, l’esprit lourd, le corps en souffrance et le moral dans les chaussettes, la proposition de « jouer » peut paraitre bien peu réaliste, voire indécente… Et pourtant, en jouant, en instaurant ce dialogue participatif avec la vie et avec la maladie, la perception de tout peut changer, y compris de la souffrance. Essayez! On en parle après, si vous le souhaitez.

Se prêter à ce jeu, c’est assurément sortir de l’idée de la faute et entrer dans le champ de la responsabilisation et de la guérison. On ne mérite pas la maladie parce qu’il y a faute, on mérite la guérison parce que la vie nous veut du bien.
En retrouvant notre âme joueuse d’enfant, c’est peut-être là, curieusement, que nous commençons à nous « responsabiliser » le plus. Participer, c’est prendre sa part. C’est nous qui disposons de notre véhicule, la vie nous propose d’y mettre du fond. A nous de voir si nous voulons que notre véhicule ressemble à un épouvantail, à un modèle bien établi, ou encore, si nous jouons le jeu de voir quels embellissements la vie nous proposent d’apporter, en prenant part au jeu avec la croyance que c’est pour le meilleur. D’une part, l’expérience sera bien plus palpitante et d’autre part, le résultat sera forcément beau!

Plutôt que d’affronter la maladie, cette lecture heureuse de l’épreuve de la maladie m’a toujours préservé de l’aigreur, de la plainte et du sentiment de fatalité. Au contraire, j’ai pu sentir en moi une joie grandir et se fortifier, et du soulagement à me sentir prendre (enfin) ma vie en main, car me responsabiliser, ce n’est pas me culpabiliser, c’est participer à la mise en forme de ce que la vie bienveillante cherche à me transmettre au travers de l’expérience de la maladie, à savoir, la guérison de mon être tout entier pour une vie meilleure et plus belle. Et vraiment, des fois (certes, pas tout le temps), je me sens comme une enfant qui joue…

Laisser un commentaire